
William Sanders, membre de l’équipe d’athlétisme. (Photo : Jean-Marie Garon)
L’Université McGill a récemment décidé de supprimer 25 équipes sportives dès l’an prochain. Justifiée surtout par des difficultés budgétaires, la mesure provoque l’indignation à travers la communauté sportive.
Plusieurs équipes d’envergure sont affectées. Celles de rugby féminin et d’athlétisme font notamment les frais de cette décision. Les coûts n’expliquent toutefois pas tout. L’université invoque aussi le manque d’infrastructures et de ressources humaines pour justifier cette action.
Selon les athlètes, cela aurait pu être évité. « C’est plus un choix [qu’une nécessité] puisque l’administration refuse n’importe quel compromis », déplore l’étudiant-athlète en athlétisme, William Sanders. Il dénonce également l’absence de transparence des dirigeants, qui ont informé les équipes de la décision seulement quelques heures avant de l’annoncer aux médias.
Pour McGill, cela entraîne aussi des répercussions sur les résultats scolaires. Beaucoup d’étudiants viennent pour le sport tout en s’illustrant à l’école. La perte de ces élèves devient donc très dommageable pour l’établissement. « Deux de nos meilleurs athlètes, qui excellent académiquement, se sont déjà engagés avec d’autres universités », explique M. Sanders.
En plus, l’institution montréalaise recrute énormément au Canada anglais, en raison de son statut anglophone. « Aucun de mes coéquipiers [qui quitte McGill] ne reste au Québec », poursuit l’Ottavien de 19 ans. Coup dur pour la province, qui perd donc des élèves de haut niveau et futurs travailleurs très qualifiés.
Les autres programmes québécois ne voient pas non plus cette mesure d’un très bon œil. Même s’ils pourraient récupérer des athlètes de McGill, les concurrents des Redbirds et Martlets ne se réjouissent pas de ces changements.
« Si l’on se retrouve dans une ligue à trois équipes, c’est ennuyant et ça freine le développement. […] En fin de compte, on n’est pas vraiment gagnants », explique Pauline Moussa, entraîneuse-chef de l’équipe de rugby féminine des Carabins de l’Université de Montréal.
Une lueur au bout du tunnel
Les athlètes n’ont toutefois pas jeté l’éponge. Si McGill accepte de révoquer sa décision d’ici septembre, l’équipe d’athlétisme pourra compétitionner l’an prochain. La capitaine Mia Blackmore-Barnable demeure confiante à ce sujet. « Je reste très optimiste. Je pense qu’ils [l’administration] ont toutes les bonnes raisons pour nous réintégrer. » Plusieurs pétitions circulent actuellement pour tenter de préserver les différentes formations, certaines récoltant plus de 12 000 signatures. Des levées de fond sont aussi organisées par les rivaux des Rouges, notamment en rugby féminin.
