Émilie Frère-Lefèvre – 1ere année

Photo : Courtoisie
Sherbrooke connaît une hausse des incendies criminels sur son territoire depuis quelques années. Une situation qui inquiète la population et qui accable les services d’urgence.
Les rapports des services de sécurité de la municipalité de Sherbrooke indiquent que le nombre de dossiers d’incendies transférés pour enquête est passé de 16 en 2021 à 33 en 2024. Une augmentation qui ne s’arrête pas en 2025. Martin Primeau, directeur du service de protection contre les incendies de la municipalité qualifie la problématique d’inquiétante : « Depuis trois ans environ, on voit une recrudescence des actes criminels. »
Le service de police trouve l’enjeu préoccupant. Vincent Fontaine, directeur aux enquêtes et ancien inspecteur incendie, n’attribue pas le phénomène à un pyromane ou un incendiaire, tout comme les pompiers, mais n’en trouve pas plus l’origine. « Je pense quand même qu’on est plus dans l’occasionnel, dans le crime d’opportunité. On en a eu quelques-uns des incendies qui sont reliés à de la criminalité organisée. […] Je ne me l’explique pas! Mais présentement ce qu’on a Sherbrooke c’est ça : ça ne semble pas être relié à une personne, ça semble plus être une vague. »
Selon les deux hommes les causes peuvent être multiples : des messages criminels, la délinquance chez les jeunes, les itinérants qui tentent de se réchauffer, la croissance de la ville, des feux suspects ou de négligences, des secteurs à risques, des crimes d’opportunité, des problématiques de santé mentale.
Cependant, les experts n’arrivent pas aux mêmes conclusions. De nombreuses contradictions persistent, malgré leur collaboration qu’ils décrivent comme « excellente ».
Les incidents qui impliquent des accélérants sont spécialement dangereux. « Ce sont des incendies qui sont habituellement très violents avec une progression rapide qui fait que, quand on arrive sur les lieux de l’incendie, il a quand même une bonne longueur d’avance sur nous. L’incendie a déjà pris de l’ampleur ce qui rend l’intervention plus difficile », dénonce M. Primeau. « Souvent, on voit des gens qui sont brulés. Ils vont devenir les victimes de leurs propres actes criminels », raconte-t-il.
L’utilisation d’accélérant a aussi pour effet de détruire les preuves, ce qui rend le travail d’enquête difficile, ce que souligne M. Fontaine.
Pour l’instant les intervenants expriment leur sentiment d’impuissance, d’être en réaction sans savoir comment prévenir ces circonstances. Ils estiment, quand même, que des interventions sociales pourraient amener du changement.
Des feux continuent de tourmenter la ville estrienne. Les autorités locales vous encouragent à les contacter pour toutes informations.
