
Vittoria Caputo- 2e année
L’expérience Harry Potter en concert, présentée avec l’Orchestre symphonique de Québec, offre une aventure immersive dans laquelle la musique prend vie sous les yeux du public, lui faisant traverser une multitude d’émotions. L’art ancien de la musique symphonique rencontre avec brio l’univers visuel culte de Harry Potter, qui a marqué l’enfance et l’adolescence de nombreux milléniaux et membres de la génération Z. Une expérience à ne pas manquer, à condition d’être à l’aise avec des sous-titres en français et une trame sonore en anglais.
Les partitions de la saga sont signées par des maîtres de l’industrie : John Williams (Parc Jurassique, Star Wars), Patrick Doyle (Le Crime de l’Orient-Express), Nicholas Hooper et Alexandre Desplat (Le Grand Budapest Hotel). Leur savoir-faire et leur passion mise en commun transmet à merveille l’ambiance du film et fait vivre à l’auditoire mille et une émotions en jonglant parfaitement entre silence et frottement d’archet.
Alors que Tante Pétunia entre en scène, la musique devient lente et saccadée, puis disparaît, nous faisant ressentir la froideur du personnage. Les Malfoy, eux, ont droit à un rythme très lent, au son grave, avec des notes de harpe, de violon et de violoncelle, qui expriment à merveille les mauvaises intentions de cette famille de blondinets.
Sous la baguette magique du chef d’orchestre, Clemens Schuldt, les musiciens ne font qu’un. Les spectateurs peuvent apercevoir devant eux les instruments s’agiter, afin de créer des sons remplis d’émotions. Les notes si bien exécutées nous montrent à quel point la musique est essentielle pour apprécier un film, vivre son intrigue et comprendre ses personnages.
Les fans de l’univers emblématique de J. K. Rowling, jeunes ou moins jeunes, vêtus de leurs costumes aux couleurs de leur maison de Poudlard, côtoient ceux venus admirer la finesse du travail orchestral. Le contraste entre le récit fantastique, dont les effets visuels trahissent parfois un budget limité, laissant apparaître caméras ou contours de fond vert, et l’élégance des musiciens dirigés par un chef d’orchestre talentueux, qui donnent vie aux partitions de maîtres reconnus, crée une expérience singulière, destinée aux passionnés des deux univers.
Toutefois, l’absence d’une adaptation en français demeure déplorable. Pour une tournée existant depuis 2016 et présentée à l’international, il est triste de constater qu’aucune traduction n’ait été envisagée. Si l’expérience peut être faite en anglais, pourquoi pas en français? Se limiter au changement des sous-titres frôle l’insulte envers l’identité du public. Par respect pour les doubleurs qui ont travaillé à représenter leur culture, une projection en français québécois au Théâtre de la Capitale nationale, avec l’Orchestre de Québec, aurait été pleinement justifiée.
