
Jade Moutoussamy-Brunet – 1ère année
Depuis quelques années maintenant, on observe un phénomène qui persiste dans les refuges du Québec. À la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), autant à Jonquière qu’à Chicoutimi, on appréhende le mois d’avril car ce mois est synonyme d’abandons de lapins.
Selon le Journal de Québec, on observe une forte hausse de la demande de lapins à l’approche de Pâques car les parents cèdent à la demande de leurs enfants. Cependant, ceux-ci se rendent vite compte qu’il ne s’agit là que d’une idéalisation de cet animal, il y a un décalage entre la projection de l’enfant puis la réalité.
On a souvent une image idéalisée du lapin comme étant un compagnon de jeu ou encore un compagnon affectueux. Les enfants n’ont très vite plus de temps à accorder à l’animal étant donné qu’il nécessite beaucoup plus d’entretien qu’on ne l’imagine. « Un lapin ça a besoin de gruger, ça a besoin de creuser, ça a besoin de sauter, c’est supposé être en liberté dans la maison. Les besoins normaux d’un lapin ne sont pas connus donc ils sont abandonnés à cause de ça », explique Mélanie St Gelais, une technicienne en santé animale à la SPCA de Saguenay.
Les parents se retrouvent donc à la charge du lapin sans l’avoir voulu et n’ont ni le temps ni l’argent de s’en occuper. « Ils attendent d’être au bout du rouleau et ne sont plus ouverts à rien », continue-t-elle. De plus, le lapin a des besoins qui coûtent souvent assez cher notamment si on parle du budget pour les soins ou encore celui pour la nourriture.
Selon Kathleen Courtois, la technicienne en santé animale de la SPCA de Chicoutimi, le taux d’abandons de lapins baisse un peu plus chaque année. « C’est moins pire dans les dernières années parce que les gens sont conscientisés. On a encore des parents qui vont prendre des animaux, juste pour faire plaisir à leurs enfants sans savoir ce que ça implique comme travail mais la plupart des gens sont de plus en plus sensibilisés ».
Elle explique également que le propriétaire « est responsable [de trouver une place au lapin] et de l’abandonner dans un endroit qui est sécuritaire ».
En effet, des solutions existent pour prévenir des besoins réels d’un lapin comme devenir famille d’accueil, ce qui permet aux familles souhaitant adopter de mieux se renseigner sur cet engagement. Tout l’équipement est prêté donc la famille n’a rien à payer, il lui reste juste à installer puis à s’occuper de l’animal. D’autres alternatives comme le bénévolat en refuge sont intéressantes pour analyser les besoins réels des animaux et se renseigner avant l’adoption.
