
Tina Berche – Première année
À l’approche de leurs cinquante ans, les matchs d’improvisation sont toujours en salle. Nés à Montréal ils ont depuis su s’exporter à travers tout le Québec. L’interactivité du public est en partie la clé de leur succès.
Un coup de sifflet intervient, c’est la fin de la première improvisation, les joueurs se félicitent en se donnant une accolade. C’est maintenant au tour du public de lever son poing ou sa main pour voter. Le point est attribué à l’équipe bleue. Ce processus se répète depuis bientôt 50 ans et les gens ne s’en lassent pas. L’art d’improviser combine hockey et théâtre, deux grands intérêts des Québecois.
Mais le secret de la réussite réside du côté du public. En effet, sa participation lors du match est primordiale, puisqu’il est invité à voter après chaque improvisation. Il peut même lancer des claques à l’arbitre en cas de désaccord. Cela crée un sentiment d’appartenance auprès des joueurs. « On se sent beaucoup plus proche des joueurs », témoigne Leila Bouvier-Gorayeb, une spectatrice récurrente des matchs d’improvisation au Saguenay.
La mise en scène diversifiée des matchs est forte en émotions. Les thèmes, les joueurs, les punitions, tout peut changer, faisant en sorte que chaque match reste unique. C’est un moment à vivre en salle, une expérience difficile à transmettre avec des mots. « Ça s’explique très mal une improvisation. Qu’on soit un participant, un spectateur d’une improvisation, quand on se met à la raconter » , il manque tout le ressenti»,souligne François-Étienne Paré, joueur de la LNI depuis plus de 25 ans.
Cette popularité se maintient grâce à l’implication des joueurs et à leur créativité. Pour eux, l’improvisation est un art, une volonté de se dépasser, mais aussi une façon de casser la routine. « Ça m’est arrivé d’être pas bien dans ma vie ou dans ma journée et d’arriver sur la scène et que tout se tasse vraiment pendant le match. C’est une sorte de zone de confort, même si c’est sur une scène devant des gens », confie Simon Chabot, étudiant et joueur au sein de la LIEJ.
L’engouement pour l’improvisation ne faiblit pas et se transmet aux plus jeunes grâce aux nombreuses ligues intercollégiales. Les équipes développent bien plus qu’un esprit de rivalité, favorisant la création de liens amicaux et devenant « une belle gang d’amis », ajoute Simon Chabot. Cette relève est soutenue par des initiatives de la LNI, où les joueurs partagent leur savoir-faire. « On essaie de faire en sorte que les outils aient un effet durable et que leur lien avec l’improvisation puisse justement s’étendre dans le temps», explique François-Étienne Paré.
