Les maisons d’hébergement débordent

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Auguste Neau – 1ère année

Au Saguenay, les cas de violence conjugale poussent les maisons d’hébergement telles que La Chambrée à agrandir leur centre d’accueil.

En 2024, la police du Saguenay a recensé environ 2 appels par jour concernant des cas de violence conjugale. Face à ce problème, les femmes peuvent se tourner vers La Chambrée, l’unique maison d’hébergement spécialisée de la région, située à Jonquière. Celle-ci offre aux femmes et à leurs enfants un milieu sécuritaire où elles peuvent retrouver leur liberté d’action, loin de leur agresseur. 

Mais la demande dépasse les capacités. « On se retrouve dans une journée à refuser jusqu’à cinq personnes parce qu’on est complets », explique l’intervenante en psychologie à La Chambrée Claudia Bergeron. En raison de cette saturation, l’établissement envisage un projet d’agrandissement. 

Actuellement en phase d’exploration, l’établissement désire passer de 12 à 15 places d’hébergement, auxquelles s’ajouterait une chambre dédiée aux femmes à mobilité réduite. L’agrandissement permettrait également le rapatriement de trois intervenantes qui se trouvent à l’extérieur des murs de la maison. « C’est gagnant-gagnant de ramener tout le monde ici », affirme la directrice générale Annie Laviolette.

Avec des travaux qui devraient voir le jour d’ici 24 mois, l’établissement demeurera ouvert et continuera d’accueillir les femmes victimes au quotidien. 

Le financement du projet reposerait en grande partie sur des dons privés, dont un spectacle prévu le 31 mai prochain. Ce choix permet à la fois la collecte de fonds, mais également de sensibilisation. Une solution « double mandat » selon Mme Laviolette. La Chambrée devra également entreprendre des démarches auprès du Programme de soutien aux organismes communautaires, le PSOC, afin que l’État finance le fonctionnement des nouvelles places créées. 

Bien que la confidentialité soit l’exigence première de l’établissement, pour Mme Bergeron, le « plus grand frein » reste celui de la méconnaissance. Encore trop peu de femmes savent que de telles ressources existent et ont des préjugés à l’idée d’entrer en contact avec ces établissements spécialisés. 

En dehors de La Chambrée, le Service de police de Saguenay (SPS) a développé une approche novatrice dans la lutte contre les violences conjugales. « On est le seul corps policier qui agit de cette façon-là ici au Québec », souligne Caroline Darveau, agente aux relations médias du SPVS. Différemment des autres corps policiers de la province, le SPVS intervient autant auprès des auteurs de violence que des victimes. 

Cela est rendu possible grâce à l’intervenante sociale Josiane Larouche, mandatée depuis plus de 4 ans, qui assure un suivi global à propos de l’hébergement, la toxicomanie et l’emploi. Son rôle lui permet également d’agir sur les causes profondes du problème. 

Rappelons toutefois que les cas de violences conjugales ne s’arrêtent pas qu’au Saguenay. Depuis ce début d’année, neuf féminicides ont été recensés au Québec, contre un total de 12 sur l’année 2025.

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