
Coline Cadoret, 1ère année
Les 630 000 élèves français de terminale (première année de cégep en France) subissent une forte pression avec l’ouverture de Parcoursup, la plateforme qui détermine la poursuite de leurs études. Ce qui partage les élèves entre la création de leur dossier, les choix d’orientation et les épreuves du baccalauréat (diplôme de fin du secondaire).
Parcoursup est censé être un outil d’orientation permettant aux élèves de sélectionner une trentaine de formations. Mais cela soulève une question essentielle : tous les élèves ont‑ils réellement les mêmes chances d’accéder aux études supérieures ? En théorie, le système se veut équitable : les candidats formulent des vœux et les établissements les sélectionnent selon des critères comme les notes, les appréciations, les compétences et les motivations qui ont leur importance. « Les lettres de motivation montrent aussi à quel point l’élève a envie de s’investir dans une licence », comme le rappelle l’étudiante Leslie Galais. Pourtant, tous les élèves ne construisent pas leur dossier dans les mêmes conditions.
Le premier facteur d’inégalité est l’origine socioprofessionnelle des parents. Certains bénéficient d’un environnement où les parents connaissent bien le système éducatif, disposent de temps et de ressources pour accompagner leur enfant, et peuvent les aider à rédiger leurs lettres de motivation ou à choisir les formations les plus adaptées. D’autres doivent appréhender seuls l’ensemble du processus, parfois sans comprendre les attentes. « Les enfants de parents CSP+ (cadres, chefs d’entreprise, professions libérales et intellectuelles supérieures) ou enseignants, on est à même de les conseiller. Donc oui, l’inégalité, elle existe au niveau origine socioprofessionnelle des parents », comme l’explique une professeure, Mme Christelle Beaudouin.
Le second facteur est le lycée d’origine. Les notes et les appréciations n’ont pas le même poids selon l’établissement. Qu’il soit public ou privé, ou selon la filière (générale, technologique ou professionnelle). « Si vous demandez une prépa, il vaut mieux venir d’un lycée coté, même si vos notes ne sont pas extraordinaires », souligne Mme Beaudouin. Alors, cette inégalité influence directement l’analyse des dossiers. Pour limiter ces préjugés, un projet de loi visant à retirer le nom de l’établissement du dossier a été proposé.
À cette pression s’ajoute celle du contrôle continu. Les notes obtenues durant l’année représentent 40 % de la note finale du baccalauréat. Les élèves doivent donc maintenir de bons résultats tout en gérant Parcoursup, ce qui crée une charge mentale importante. Beaucoup peinent à concilier les deux. « Quand je vois les gens autour de moi stressés à la fois par Parcoursup et par les examens, je trouve que ça fait beaucoup », confie Galais Leslie.
Selon Christelle Beaudoin et Galais Leslie, Parcoursup apparaît comme un système qui peut être remis en question. S’il vise l’équité, il révèle surtout les inégalités déjà présentes dans le système scolaire.
