
Léo Anctil, 1ère année
Le journalisme régional au Québec traverse actuellement une période de grands bouleversements. La fermeture de certains journaux et le passage au numérique de certains autres affectent la vie de beaucoup de personnes.
Le journalisme est en risque de disparition dans plusieurs communautés au Québec. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le journal Le Quotidien a mis fin à sa parution papier en 2023 et est maintenant uniquement disponible en ligne. Cela a forcé le média à réduire ses effectifs ou à adapter les postes occupés. « C’était dur de prévoir une transformation aussi intense », témoigne Jonathan Hudon, journaliste à la section des sports du Quotidien.
Cette situation défavorise certaines villes de la province plus éloignées des grands centres, où l’information locale joue un rôle essentiel dans la vie citoyenne et démocratique. Il y a une diminution de la couverture régionale au Québec. Donc, moins de journalistes couvrent les conseils municipaux et informent les habitants des enjeux qui les concernent. « Ultimement, les citoyens qui doivent s’informer pour prendre des décisions éclairées le sont malheureusement de moins en moins à certains endroits », se soucie Christian Grégoire, directeur régional de Radio-Canada Saguenay–Lac-Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord.
Heureusement, certains grands médias, comme Radio-Canada, bénéficient d’une subvention gouvernementale, c’est à dire un financement de la part du gouvernement fédéral. Ils l’utilisent pour couvrir des territoires qui risquent de devenir des déserts informationnels. M. Grégoire clarifie : « On va continuer à faire notre travail de surveillance, de donner la voix aux élus et à des voix qui seront différentes en termes d’opinion. On pense qu’on peut jouer un rôle, à Radio-Canada, dans l’entretien de cette démocratie qui est très précieuse. »
Leur but est de venir en aide aux résidents concernés, sans toutefois occuper une place de monopole informationnel. « Ce n’est pas notre souhait de remplacer qui que ce soit. On veut être complémentaire avec les autres médias qui cohabitent autour de nous », explique Christian Grégoire.
Les quotidiens et hebdomadaires doivent certainement fournir un effort pour se rendre dans les contrées éloignées ou effectuer des entrevues en ligne avec ses résidents. Sans cette volonté, certaines réalités touchantes des petites villes resteraient inconnues des citoyens. « Ces histoires-là valent la peine d’être racontées à la même hauteur que les histoires dans les grands centres », pense le directeur de Radio-Canada de plusieurs régions administratives québécoises.
Il est possible de faire voyager une histoire et de la faire passer d’un cadre local à un cadre plus global, puisqu’un témoignage peut être inspirant peu importe d’où il provient.
