
(Photo : Quentin Lespinasse-Mussault)
Quentin Lespinasse-Mussault – 1ere année
Le gouvernement du Québec a mis fin aux bourses Perspective Québec durant la session d’hiver 2025. Celles-ci aidaient pourtant considérablement à promouvoir plusieurs domaines, dont celui de l’enseignement dans la province.
Les bourses Perspective Québec étaient des bourses offertes dans plusieurs domaines d’études qui sont considérés comme moins attrayants pour les étudiants. Elles donnaient un montant d’argent qui variait selon le domaine. Pour celui de l’enseignement, elles donnaient 20 000 $ à travers les 4 ans de l’obtention du baccalauréat, ce qui aidait grandement les jeunes durant leurs études.
En effet, le poste d’enseignant est dorénavant plus en pénurie qu’il ne l’a jamais été. Selon les données du tableau de bord du ministère de l’Éducation du Québec, en avril 2024, 804 postes d’enseignant étaient vacants. En avril 2025, ce chiffre avait presque doublé, avec 1599 postes vacants au Québec.
Le retrait des bourses Perspective ne va donc pas aider à remonter la pente. Un diplômé en enseignement secondaire à l’UQAM, Nathan Lepage, affirme que « les demandes d’inscriptions sont en chute libre. Les gens ne veulent pas aller dans le domaine de l’enseignement ». Il ajoute que ce domaine est hostile pour beaucoup de personnes et que le retrait des bourses ne va pas encourager la relève dans ce secteur.
Le gouvernement a donc trouvé une alternative pour pallier le manque d’enseignants : le DESS. Cette formation d’un an favorise la formation de nouveaux enseignants. En effet, elle donne la chance à plusieurs bacheliers de changer de domaine pour venir se spécialiser en enseignement.
La problématique : ce domaine n’est pas fait pour tout le monde. Selon M. Lepage, « le DESS n’est pas là pour donner tous les outils nécessaires qui vont permettre aux gens qui passent par un DESS de s’armer face à la réalité de l’enseignement ». Cela fait en sorte qu’il y a des
enseignants plus rapidement sur le marché du travail, ce qui est bien pour le secteur, mais ces enseignants vont souvent abandonner le milieu plus rapidement, affirme-t-il.
Il y a cependant une solution à cela. Le directeur de l’école Marie-Anne à Montréal, Antonio Papalia, explique que « tout enseignant est appelé à se former continuellement. Il y a une obligation de formation continue pour tous les professeurs, dont ceux issus du DESS ». Il dit également que les nouveaux professeurs ont accès à un groupe d’accompagnement supplémentaire avec des éducateurs d’expérience afin qu’ils puissent plus facilement se former et se préparer au monde du travail.
Mais pour faciliter l’insertion dans le milieu de l’enseignement, les enseignants demandent une chose : améliorer leurs conditions de travail. Le gouvernement du Québec affirme que le retrait de ces bourses devait permettre en partie d’améliorer celles-ci. Cependant, les conditions, dont le salaire, ne semblent pas avoir eu de grandes améliorations. « Les augmentations salariales ont été en adéquation avec l’indexation du coût de la vie. Il n’y a pas eu de BOOM important », affirme M. Papalia.
