L’itinérance cachée : d’un sofa à l’autre

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Samuel Beauchesne, intervenant en dépendance et ancien itinérant caché. (Photo: Livia Sirois)

Livia Sirois -1ère année

Au pays, plus d’un Canadien sur dix a déclaré avoir déjà vécu une des multiples formes de l’itinérance. Parmi les manifestations que peuvent prendre ce fléau sociétal, l’une demeure peu connue et difficilement chiffrable : l’itinérance cachée.

D’après la définition de l’Institut de la Statistique du Québec, l’itinérance cachée englobe les personnes qui doivent « habiter temporairement chez quelqu’un ou dans une chambre d’hôtel sans garantie de pouvoir y rester à long terme parce qu’elles n’ont nulle part d’autre où aller ».

Selon l’intervenant en dépendance et ancien itinérant caché, Samuel Beauchesne, la plupart des individus contraints à vivre en situation d’itinérance, qu’elle soit visible ou cachée, sont aux prises avec des problématiques de toxicomanie. D’autres facteurs peuvent aussi entrer en ligne de compte : les enjeux de santé mentale comme la dépression, les troubles anxieux, l’isolement. Les perturbations sociales telles qu’une séparation, une éviction de logis ou la perte d’un emploi sont aussi des facteurs qui peuvent conduire à un épisode d’itinérance cachée.

Bien que la réalité puisse toucher n’importe quel individu, l’ancien sergent-détective du SPVM, Stéphane Durocher, conçoit que l’itinérance cachée est « particulièrement reliée aux jeunes âgés entre 18 et 30 ans, car ils ont encore une sociabilité ». De son côté, Statistiques Canada a recensé que la réalité pouvait aussi s’étendre jusqu’aux individus souffrant d’une maladie mentale ou psychologique ou encore jusqu’à ceux ayant un trouble d’apprentissage.

D’après M. Durocher, certains sans-abris ne reconnaissent pas l’ampleur de leur propre précarité, ce qui a pour conséquence de « limiter le pouvoir d’intervention policier ». Il affirme que les policiers peuvent seulement orienter ces personnes vers des ressources, mais que la sortie de la rue dépend surtout de « leur propre volonté ».

Pour lui, l’étape culminante pour un itinérant caché ou visible, est d’admettre qu’il a besoin d’aide. Il plaide qu’une fois le constat accepté, la personne itinérante pourra bénéficier des services offerts par l’État.

Samuel Beauchesne estime quant à lui qu’à court terme, nous verrons de plus en plus d’individus en situation d’itinérance, quelle que soit sa forme. Il convient que la majorité des personnes ayant vécu une situation d’itinérance cachée finiront par s’enfoncer dans sa forme visible. Il déplore le fait que « tant que les gouvernements ne donneront pas des budgets intéressants pour contrer l’itinérance et la toxicomanie, la problématique grandira ».

Dans le but de freiner la hausse de l’itinérance, l’intervenant propose de geler le prix des loyers ainsi que d’offrir davantage de ressources d’aide et d’hébergement. À son avis, il faudrait mettre sur pied plus de logements sociaux gratuits et accessibles pour cette clientèle vulnérable.

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