Quand la curiosité devient un risque

Flavie Bourget, 1ère année

La consommation de stupéfiants chez les adolescents et les jeunes adultes de moins de 25 ans retient de plus en plus l’attention des spécialistes. Au Québec, ce phénomène semble s’accentuer davantage au fil des dernières années, soulevant des préoccupations.


Selon Alain Bourget, travailleur social et Gabrielle Chartrand, agente de planification, de programme et de recherche en dépendance, les jeunes expérimentent tôt diverses substances. Mme Chartrand observe depuis des années que la plupart des adolescents qui commencent à consommer ont généralement entre 14 et 15 ans. Une grande partie consomme du cannabis sous différentes formes, fume la cigarette électronique et le wax Pen. Ce dernier est le plus dangereux et suscite encore plus d’attention de la part des chercheurs. « Une wax Pen comporte entre 70 % et 95 % de THC, alors que le cannabis normal se situe entre 10 % à 30 % », précise Mme Chartrand.


Il se trouve également que le taux de THC a augmenté considérablement au cours des dernières décennies. Alain Bourget exprime son mécontentement face à ces transformations. « Dans les années 60 et 70, le niveau de THC du cannabis s’élevait à 2 %, dans les années 90, le taux avait atteint 4 % et, dans les années 2020, la puissance moyenne s’élève à près de 30 %. » Cependant, Mme Chartrand rappelle que les personnes de moins de 21 ans ne peuvent pas se rendre à la SQDC. Ils vont donc s’approvisionner en ligne, via les réseaux sociaux et des dealers. « C’est ce qui est particulièrement dangereux ; ces drogues sont souvent coupées avec d’autres, beaucoup plus néfastes et fatales, comme du fentanyl, de l’héroïne ou du Xanax », affirme l’agente en dépendance.


Plusieurs raisons peuvent expliquer le désir de consommer chez les jeunes. Elles varient en fonction de l’environnement familial, du quartier fréquenté, du cercle d’amis et de l’influence de ceux-ci sur l’individu.
Les experts précisent que la nature humaine est curieuse, les adolescents et les jeunes adultes ne défient pas cette règle. « C’est pour cette raison que les parents doivent rester informés et que nous devons continuer les conférences informatives dans les écoles pour ne pas faire de la consommation un sujet tabou », lance M. Bourget.

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